Rappelez-vous, nous nous étions quittés avec Francis, qui lance le projet d’une exposition sur le thème des bijoux textiles…
La difficulté : créer une expo avec un fil conducteur clair, lisible, cohérent. 
En parlant de fil… l’idée fait son chemin, et voilà qu’il émerge : une expo, une rue, trois lieux
L’expo, construite comme une parure se révèlera au fil du temps, Au Fil de la Parure.
Trois lieux donc. Rendez-vous tout d’abord au Musée des Tissus, (34 rue de la Charité)  partenaire de l’expo. Les pièces de 27 créateurs, venus de 9 pays, sont exposées de manière « académique », comme dans un musée, avec pléthores d’affichettes, de vitrines, et de mises en scène épurées. 
Je flashe en particulier sur les bijoux « dentelle » de Brigitte Adolph (ci-dessous).

Ensuite, rendez-vous chez Artefact, la boutique de Francis (au 53), où les bijoux quittent la présentation muséale pour une présentation plus « accessible », à la manière des boutiques de décoration et d’objets du monde. 
Point de vitrines, mais des étagères regorgeant de suprises. On ne sait plus trop d’ailleurs ce qui fait partie de l’exposition. C’est le but ! 
L’idée est vraiment de faire descendre les oeuvres de leur piédestal, et de leur rendre une valeur marchande. Ce qui juste quelques instants plus tôt était une OEuvre d’Art devient un objet d’artisanat d’art que je peux acheter. Plus de frustration ! On peut acheter les créations.
C’est typiquement une préoccupation de galeriste je pense, de révéler le côté accessible d’un artiste, et de son oeuvre. Ce n’est pas uniquement un objet esthétique, un objet de musée, c’est aussi un « objet de consommation », au sens noble du mot, c’est-à-dire que je peux acheter, contrairement aux oeuvres du patrimoine (…d’où les vols commandités par les collectionneurs peu scrupuleux 😉 ).
Enfin, direction le Hall des Princes au 70 (jusqu’au 10 novembre, oui je sais c’est fini !!! 🙁  ). 
Là, le mystère reprend. Un grand hall d’immeuble, éclairé par des vitrails. Une lourde porte métallique au bout, qui ouvre sur un grand espace, un hangar revisité en salle d’exposition. Les belles pierres des murs offrent un bel écrin aux créations, avec un mélange de bijoux anciens (notamment des pièces Sepik) et de parures-vêtements ou plastron modernes, notamment les créations de Michèle Forest et Lilakacemi (article en préparation).

L’expo est visible jusqu’au 13 février. Allez-y vite !

Découvrir tout l’univers Brigitte Adolph, Michèle Forest, Lilakacemi.