Pour sa réouverture sous pavillon Région Rhône-Alpes, le Musée des Tissus de Lyon (ex MTMAD) démarre en fanfare avec une exposition sur la Haute-Couture, et pas n’importe laquelle, celle d’Yves Saint-Laurent.
En partenariat avec la Fondation Yves Saint-Laurent et son musée parisien, le musée lyonnais promet une belle découverte, tout en mettant en avant le savoir-faire des soyeux lyonnais.
A voir jusqu’au 8 mars 2020, rue de la Charité (Bellecour/Ampère).
Affiche expo YSL Musée des Tissus Lyon

Lyon, ville de soie

Vous ne le savez peut-être pas, mais si Lyon rime avec soie, ce n’est pas seulement à cause de la Route du même nom. Lyon est associée à la soie depuis la décision de Louis XI, en 1466 d’y implanter une manufacture royale. Finalement, la manufacture ne verra pas le jour, car le Consul de la ville (son maire !) a peur de faire peur à ses partenaires italiens, auxquels il pourrait faire concurrence. La fabrique sera finalement installée à Tours. François 1er revient à la charge 50 ans plus tard, en 1540.
Depuis, les Lyonnais ont développé ce savoir-faire en s’appuyant sur celui des soyeux italiens installés dans la ville, réputée pour ses quatre foires internationales annuelles. Pendant près de 400 ans, ils ont continué à fabriquer pour les plus grandes personnalités d’Europe les tentures les plus belles, que vous pouvez observer dans la collection permanente du musée.
Tenture Marie-Antoinette Musée des Tissus Lyon
Aujourd’hui, il y a malheureusement beaucoup moins de soyeux lyonnais, mais il en reste toutefois quelqu’uns, qui ont fait dans les coulisses, la gloire de la Haute-Couture depuis 1850 : Bucol, Sfate et Combier, Bouton-Renaud, Abraham, Bianchini-Férier, Beaux-Valette, Hurel, Brochier, qui vient d’ouvrir une boutique dans la galerie de l’Hôtel-Dieu.

Yves Saint-Laurent et les soyeux lyonnais

Yves Saint-Laurent découvre le travail des maisons lyonnaises quand il est enfant, alors qu’il joue à créer ses premières collections Haute-Couture. Dans les archives, le Musée Yves Saint-Laurent de Paris a retrouvé le détail de cette première collection : les modèles, les tissus utilisés précisément pour chacun, et les maisons qui les fabriquaient. Incroyable cette maturité professionnelle à 16 ans !
Tissu Bucol Yves Saint-Laurent

Scénographie de l’exposition

En fidèle du Musée des Tissus, anciennement Musée des Tissus et des Arts Décoratifs, j’ai été étonnée de commencer la visite par la grande salle au dallage en marbre rouge. Ce choix se comprend, car l’exposition occupe deux salles et demie (la grande salle donc, le sas de l’escalier, et la petite salle qui présentait les cahiers d’archives des soyeux si cela vous parle), mais j’avoue qu’il m’a marquée !

La première salle est consacrée aux robes d’Yves Saint-Laurent

L’organisation de l’exposition est très lisible, avec un couloir central, au bout duquel se trouve une très belle photo en noir et blanc du maître. Comme si nous venions d’entrer dans les ateliers et qu’il nous attendait. A gauche, une multitude d’entrées, qui correspondent aux différentes maisons de soyeux lyonnais.
Dans chacun des petits espaces, des robes présentées sur mannequins, des dessins de silhouettes, et des documents qui racontent la Haute-Couture : métrages, prix au mètre, etc.

Yves Saint-Laurent Musée des Tissus de Lyon

A droite deux vitrines. L’une reprend quelques éléments de la jeunesse d’Yves Saint-Laurent – comment il en est arrivé à la Haute-Couture. L’autre détaille les étapes de la Haute-Couture, du dessin au modèle de défilé.
Les robes de l’exposition apparaissent également sur un grand écran, à travers les images d’archives des défilés Yves Saint-Laurent.

Haute-Couture Yves Saint-Laurent Musée des Tissus Lyon

Yves Saint Laurent Haute Couture Mousseline Musée des Tissus Lyon

Des échantillons qu’on ne peut toucher !

Dans la deuxième salle on trouve des échantillons de tissus des maisons mentionnées précédemment. L’exposition présente aussi leurs cahier d’archives et une vidéo qui explique le métier de tisseur / soyeux.
J’avoue avoir été déçue par cette salle. Quel dommage de ne pouvoir toucher tous ces beaux tissus présentés ! Ils ne sont pas protégés par des vitres. C’est d’un frustrant !

Dessin Yves Saint-Laurent

J’ai trouvé l’exposition bien trop courte. Tant de beauté dans la première salle, et de frustration en ce qui me concerne dans la seconde !
C’est également dommage qu’il n’y ait pas eu plus de liens avec l’exposition permanente et ses trésors, je trouve !

Dans tous les cas, je vous recommande cette visite ! L’exposition permet de comprendre comment un couturier choisit le tissu qui lui permet de créer des robes somptueuses.

PS : cette exposition est aussi intéressante au point de vue des bijoux qui accompagnent les modèles lors des défilés.