Le défilé de mode est toujours le point d’orgue d’un salon, l’animation par excellence. 
Défilé ou spectacle de danse? 
Who’s Next a ainsi présenté un spectacle d’une trentaine de minutes, avec une quinzaine de danseurs-modèles, qui montrent les vêtement  » en action ». Plus vivant? En tout cas je peux vous dire que c’est le cauchemar des photographes, en sus des lumières !
[J’ai pris quelques vidéos, vous les trouverez sur Youtube en cliquant sur les liens dans le texte.]
La scène d’ouverture : un étrange Pierrot , vêtu d’une sorte de camisole de plastique transparent, comme tous les autres danseurs qui arriveront d’ailleurs. 
Il marche dans les nuages (la « fumée » au sol), au ralenti, comme si la pesanteur de l’espace était celle de la lune. Arrivé au milieu, brusquement, il se met à faire des aller-retours sur toute la largeur de la scène; Il est bientôt rejoint par une dizaine d’autres danseurs, qui eux-aussi font des allers-retours. Une mise en scène que j’ai trouvée très risquée, étrange, dynamique certes, mais où doit-on regarder? 
Le vêtement est-il pour le coup moins important?  
Au bout de quelques minutes je comprends que de temps à autre un danseur se détache de la mêlée pour se placer à l’extrêmité latérale. Il reste planté là quelques secondes avant de retourner dans le peloton…Et ça recommence de l’autre côté.
Le défilé Prêt-à-Porter est plus « classique ». Comme en janvier, il s’ouvre sur une vidéo qui présente une succession d’images fortes et d’extraits de vidéo, pour illustrer le thème (un carnet de tendance 
vidéo). Puis la lumière se fait et les mannequins défilent les uns à la suite des autres. Parfois ensemble, ce qui a pour effet bénéfique d’éviter la lassitude (et d’énerver les photographes qui n’auraient pas pris le temps de d’abord regarder le défilé pour prévoir ces moments de surprise 🙂 ).
D’ailleurs la scène en triangle ne permet pas au public de voir les mannequins de face, seulement de profil, à moins de faire partie des chanceux photographes officiels, qui sont à la pointe du triangle. Paradoxe, là c’est le vêtement, pas le mannequin qui est mis en avant?
Le décor
Pour ce qui est du décor, Who’s Next a choisi un espace immaculé, sur lequel l’équipe technique projette des images, des imprimés, un mouvement qui parfois fait mal aux yeux, et les informations relatives aux vêtements. Mais qui prend le temps de les regarder? 
Prêt-à-porter diffuse une vignette également, mais le décor n’est pas entièrement blanc. Le point de mire de la scène est la porte d’entrée, une fracture triangulaire dans le mur blanc qui nous fait face.
J’ai trouvé ces décors moins innovants que celui de Who’s Next en janvier. En même temps, Who’s Next renouvelait déjà sa manière de faire, tout ne peut pas être bouleversé en même temps !
Les silhouettes proposées
Chez Who’s Next, comme je l’ai dit, difficile de voir les vêtements. Ce n’est sans doute pas le but recherché. De mon point de vue, leur idée est probablement de traduire un état d’esprit, en témoigne l’enthousiaste bande de danseurs, des joyeux drilles qui ont l’air de bien s’amuser, et qui transmettent cette joie. On ressort de ce défilé un peu abasourdi (tant de mouvement dans tous les sens !) mais avec le mot waow aux lèvres, notamment quand on repense à la scène du dompteur de cerceaux, qui ouvre sur le final (tous les mannequins passent à travers). Un vrai cirque, aussi joyeux et coloré qu’un cirque peut l’être. La scène des rubans emmêlés est aussi un reflet de cette ambiance.

Chez Prêt-à-Porter au contraire, ce sont les vêtements qui comptent. L’ambiance est donnée avec le va-et-vient régulier entre la vidéo de tendances, qui précède chaque série de silhouettes, et les vêtements présentés, que l’on a le temps de voir et d’observer. Il y a aussi une cohérence entre les thèmes choisis (Ecailles, Frontières, Paysan, etc…) et l’Espace des Tendances. Tout se passe comme si le rôle des modèles était de rendre vivante l’exposition Tendances, dont les mannequins sont inertes. Les coiffures sont aussi plus travaillées, avec en particulier un tressage de mèches magnifique.
Mes silhouettes préférées :

 

 Non, vous ne rêvez pas, la robe Tom Cruise ! A porter avec sa copine, la robe … Brad Pitt?

 

 Un peu de spirituel dans la mode que diable !
 So Duchesse de Cambridge* non? Je la verrais bien dans ces tenues !

Prêt-à-Porter a proposé aussi des sélections plus pointues, notamment un défilé de jeunes créateurs japonais, de l’école BFGU. Ce défilé fera l’objet d’un article à part entière. Stay Tuned !
Et sinon pour revoir les images des défilés Who’s Next et Prêt-à-Porter de janvier c’est par là.