Un verre imitant les gemmes (on ne dit plus pierres précieuses ou semi-précieuses), voilà comment on définit le strass. Dit comme ça, c’est beaucoup moins glamour que le mot « strass » lui-même !
Mais connaissez-vous l’incroyable histoire du strass ?
Il était une fois… un joaillier ingénieux du nom de M. Georges-Frédéric Strass.

 

Strass, comme Strasbourg

Portrait Georges Frédéric Strass – source inconnue

Il vous faudra peut-être un moyen mnémotechnique pour retenir le nom de l’inventeur génial de cette matière que l’on continue d’utiliser chaque jour dans la mode.

Et bien, retenez strass comme Strasbourg.
Car en effet, M. Strass était originaire d’une petite ville proche de Strasbourg. C’est commode vous ne trouvez pas ?

Formé en joaillerie, auprès de Maître Spach, Georges-Frédéric est un petit malin qui observe le goût des nantis de l’époque – le milieu du XVIIIème – pour les pierres précieuses.

Parmi celles-ci bien sûr, le diamant que l’on commence depuis le Cardinal Mazarin à bien savoir tailler, grâce à 9 nouvelles facettes autour de la couronne.

Le saviez-vous ? A la Renaissance, on préfère souvent le rubis (ou le corindon, son cousin) au diamant, notamment parce qu’on ne sait pas encore que le diamant se taille … avec de la poussière de diamant !

Voici un schéma de l’évolution de la taille des diamants que j’ai trouvé très intéressant ! (source : Massilia)

Taille_diamant_evolution source Massilia

Dix fois moins cher que le diamant !

En bricolant sa recette à forte teneur en plomb à partir du cristal de Baccarat ou de Saint-Louis, deux manufactures royales, il crée un cristal encore plus brillant et transparent.
Le Saviez-vous ? Les manufactures royales sont des organisations spécialisées dans un savoir-faire, souvent à forte valeur ajoutée, créées par les rois pour diminuer la dépendance française des importations de l’étranger.
Parmi les savoir-faire prioritaires pour les rois de France : la soie (Louis XI) ou encore les glaces, c’est-à-dire les miroirs (Louis XIV), ou les tapisseries (François 1er).
Dépositaire d’un brevet de compagnon, Strass améliore sa technique en apposant une feuille de métal  coloré sur la culasse des pierres, ce qui leur donne encore plus d’éclat.
En rajoutant des oxydes de métal, il obtient même différentes couleurs !
Collier strass

CC

En 1657, des lettres d’un couple hollandais arrivé frâichement à Paris, fait état d’un homme qui savait « contrefaire des diamants ». Ce serait peut-être le père de G-F.Strass.
Le succès est immédiat. Et fulgurant. M. Strass fait fortune avec ce que l’on appelle désormais les « pierres du Rhin ». A la fin de sa carrière, il deviendra même joaillier du roi Louis XV !