Une exposition c’est avant tout un événement culturel. Son objectif n’est donc pas forcément lucratif, car même si l’exposition est payante, les recettes ne suffisent pas toujours pour que les musées rentrent dans leurs frais. C’est la mission culturelle et patrimoniale qui est prioritaire, et ce dans un souci de démocratisation de la culture (selon les idées de Malraux, avec une politique lancée en 1981 par Jack Lang).

Une expo, un angle de vue

Ce postulat de départ ouvre le champ des possibilités d’éclairages et donc d’expositions à l’infini.
Un même artiste peut être présenté sous plusieurs jours différents, et plus il est prolifique, plus c’est facile.

Un nouvel angle et tout change … C’est bateau, mais au moins facile à comprendre, regardez Picasso : « Picasso Cubiste » et « Picasso – Carmen, Sol y sombra »
En 2007, en 2008, « Picasso et les Maîtres », en 2009 « Picasso-Cézanne » et « Picasso Métamorphoses« , et aussi « Picasso Gravures 1900-1942 », en 1997, etc.

Au Fil de la Parure, Musée des Tissus de Lyon

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la naissance d’une telle exposition, en prenant pour exemple « Au Fil de la Parure », exposition au Musée des Tissus de Lyon.

Un des plus beaux musées de Lyon… Et pourtant ce n’est pas lui qui est à l’origine de l’idée. Pour cela, il faut remonter le temps, presque deux ans en arrière, dans la tête d’un galeriste, collectionneur passionné, Francis.

Parsi, tissage d’abaca

Francis, c’est un homme féru de voyages et de textile, qui crée avec Sophie la société PARSI il y a quelques années ; une entreprise spécialisée dans le tissage d’abaca des Philippines. Cette fibre naturelle est obtenue à partir de bananiers. Les produits de Parsi sont destinés essentiellement à l’ameublement, mais la boutique du couple, Artefact, vend aussi des vêtements, venus des quatre coins du monde. L’ambition affichée ? Le partage de cet amour pour le textile. Chaque objet de la boutique a une histoire, et c’est un plaisir pour Sophie et Francis de vous la conter.

Passion du textile donc, ce qui fait de Francis un jury de choix pour une école comme Duperey, à Paris. Ce qui le surprend dans la sélection des candidats, c’est le travail extrême des pièces textiles, leur qualité. Il faut dire que Francis a pour premier métier la Haute Joaillerie… L’idée germe alors doucement dans son esprit : si minutieux, si ouvragé, si qualitatif, ces créations sont presque des … bijoux !

Il soumet l’idée à l’un de ses contacts, haut placé au Ministère de la Culture, qui lui donne son approbation. Et voilà comment se mettent en place les premiers rouages d’une exposition. Un contexte, une passion, un métier, un circonstance particulière, et hop ! Merci le réseau !

Le concept de l’exposition

Mais l’idée n’est pas tout ! Il faut ensuite traduire le concept. Premier impératif, déterminer la ligne de l’exposition. Ne croyez pas qu’une exposition ne soit qu’une enfilade sans queue ni tête d’éléments artistiques. Il y a une vraie logique, une structure dans chaque exposition, et vous pouvez vous en rendre compte très facilement, en observant le parcours de toute exposition.

… La suite, dans quelques jours 🙂