DESIGNER CHAUSSURE : SABRINA OLIVEIRA

La société de consommation fait des ravages…
Sabrina l’a bien perçu, et pour s’en jouer, crée une collection de sacs et chaussures décalés…

L’acheteuse chaussures et sacs est souvent (ne me regardez pas comme ça !) une acheteuse compulsive, qui achète tout se qu’elle voit, collectionne les sacs et paires de chaussures, sans fin.

La dérision de ce comportement est portée par Sabrina à l’extrême, avec la création de chaussures « pochon », que l’on a plus besoin de déballer, et de sacs emballés, à la Christo.

Si le packaging devient produit, que devient le produit?
Le jeu continue, avec un contraste entre les éléments qui composent la chaussure. Entre équilibre et déséquilibre, la Richelieu* devient une chaussure d’été.

Comment en vient-on à cette analyse ? C’est un voyage à Prague, où la vie est moins speed, où la surconsommation n’existe pas, surtout en période de crise, bref, c’est une vision différente des choses, et notamment du comportement d’achat qui inspire la créatrice.
« La surconsommation, c’est du n’importe quoi, on achète, on accumule, sans fin, on n’arrête jamais. J’avais envie de tourner ce comportement en dérision. » L’humour, omniprésent, donne un côté très frais aux collections de la jeune femme : on peut porter ce sac dans tous les sens !

Un de mes gros coups de coeur à Step by Step. Le deuxième, c’est demain vendredi samedi promis !, avec la collection fantasmagorique de Marie.

Retrouvez toute la saga de Step by Step Janvier 2011 :
Janaina Day 1, Sylvie, Yu Chen Day 3, Camille Champomier Day 4, Morgane Fraga Day 5, Sonia Amari Day 6.
* La Richelieu fait partie des classiques en termes de chaussures.
On ne sait pas si le nom de cette chaussure vient de la popularité du Duc, célèbre à l’époque pour son raffinement, ou du fait qu’il ait importé une chaussure anglaise. En termes de structure, cette chaussure est caractérisée par un laçage, dont l’avant (la claque),  est scindé en deux parties, l’avant-pied, et la languette, sur laquelle sont fixés les oeillets de laçage. On voit bien cette dichotomie dans l’exemplaire jaune (Gaia D’Este) ci-dessous.
Elle peut exister dans toutes les hauteurs de talon ou de tige (la tige est tout ce qui est au-dessus de la semelle) et avec un bout rapporté ou simulé. (Source : Encyclopédie des Accessoires, Sophie George, Editions Falbalas.)
A ne pas confondre avec la derby !
La claque de la derby est en effet constituée d’un seul tenant, et les pattes de laçage proviennent des ailes (« de quartier » =) de côtés, qui sont rabattues sur le devant (bien visible sur le modèle vichy ci-dessous).