Avec son long bec, et sa bouille arrondie, il m’a fait de l’œil du coin de la rue.

Un première hésitation, je ralentis… je réfléchis… je continue. J’hésite.

Un peu comme dans un vide-grenier, où soudainement, au détour d’une pile de livres poussiéreux, et d’un tas de jouets cassés, on aperçoit un objet qui nous attire, mais qu’on ose pas prendre, et regarder. Alors on continue, sans retourner sur nos pas, de peur de, de honte de… montrer de l’intérêt pour un objet vieillot, désuet. Et pourtant si chargé de souvenirs.

Un peu plus tard, l’objet a disparu, vendu au badaud qui se lui se sera arrêté, et ce n’est plus la honte, mais le regret qui nous envahit.

Réfléxion faite, je reviens sur mes pas, abandonnant Claire quelques secondes, pour le récupérer. Perdu, délaissé au pied d’un réverbère, avec ses grands yeux de chien perdu, il m’a séduite. Finalement, je me suis baissée, et lui ai tendu la main.

La couleur acidulée a fini de me convaincre.

Mon Petit Arrosoir Vert et moi, c’est le début d’une grande histoire !