Bon anniversaire Bulles de Mode ! avec une nouvelle interview de Max Herlant, maquilleur conseil d’Yves Rocher.

Sur M6 dans Capital, sur France 2 pour Stéphane Bern, Max Herlant est un maquilleur très sollicité par la presse et les médias. Aujourd’hui maquilleur conseil chez Yves Rocher, nous avons eu la chance de l’interviewer entre deux shooting « Espoirs du Cnéma Français » pour Studio Magazine.

Max Herlant

Depuis le printemps, vous travaillez avec la marque Yves Rocher. Comment se passe ce partenariat ?

Ecoutez, je crois que cela fonctionne : j’enchaîne les interviews et les conférences de presse ! C’est une collaboration qui a l’air de plaire beaucoup, notamment aux journalistes !

Pourquoi ce succès à votre avis ?

Je pense que je suis assez habitué aux médias – j’ai travaillé comme animateur pour Direct 8 l’année dernière.

Et puis Yves Rocher est une marque très connue à l’international. C’est un cocktail gagnant ! Je suis très content, car ce n’est jamais évident que la sauce prenne.

Un autre succès aussi cette rentrée, les Make Up Days d’Yves Rocher?

Make Up Days Yves Rocher

Tout à fait. J’ai créé sept looks pour cette animation commerciale de rentrée. On ne savait pas très bien si le public allait aimer, et au final nos utilisatrices ont adoré ! C’est un gros succès. J’ai même reçu des dizaines de demandes d’ami sur Facebook, émanant du monde entier ! J’ai même reçu des messages de remerciements. C’est très touchant, c’est la première fois que ça m’arrive.

Comme au cinéma, je pense qu’il y a des chances qu’ils réitèrent l’opération, d’une façon ou d’une autre. Il y a quelques jours, j’étais au Québec pour un évènement avec le ELLE canadien. Je devais maquiller la gagnante d’un concours, ça a fait un gros buzz.

Qu’apporte un Make Up Artist à une marque ?

C’est la première fois qu’Yves Rocher fait confiance à un Make Up Artist International.
Beaucoup de marques souffrent de ne pas en avoir. C’est en effet plus facile pour les journalistes et les utilisatrices de s’adresser à un maquilleur qui connaît les produits, et qui a une vraie légitimité. Cela permet de les rassurer et de bien parler des produits.

Max Herlant Yves Rocher Photo Degraff

Photo Dugraff

Est-ce un challenge pour vous ?

Un challenge je ne sais pas, mais en tout cas, je suis très heureux, car lorsque j’ai quitté Bourjois, et que j’ai repris mon indépendance, je ne pensais pas que ça me manquerait autant de défendre une marque.

Vous savez, je ne sais pas défendre une marque dont je n’apprécie pas les produits. En ce moment, j’essaie de bien ressentir la marque, d’essayer les produits. J’aime qu’Yves Rocher soit une marque accessible et populaire. J’ai découvert des produits de qualité, que j’utilise même en shooting, ce que je n’aurais jamais envisagé par le passé.  Les textures et le rendu final des ombres à paupières par exemple, m’impressionnent beaucoup.

Yves Rocher c’est aussi une marque très attachante car les équipes ont compris que le maquillage devait être accessible à toutes les femmes, quelle que soit leur condition.

C’est un plaisir, car contrairement au vêtement, on ne peut pas identifier la marque d’un produit sur un visage. En maquillage, on peut facilement donner l’illusion d’une Haute-Couture avec des produits à petits prix. C’est ce que j’ai toujours défendu, ça me rend encore plus fier d’être le maquilleur conseil d’Yves Rocher.

yves-rocher-maquillage euphorisanta

Comment Yves Rocher vous a choisi ?

En fait c’est presque un hasard !

J’étais invité à une soirée au Studio Harcourt, j’avais tout d’abord refusé d’y aller. Mais un ami américain de passage voulait découvrir le studio, alors j’y suis allé avec lui.

Studio Harcourt

J’ai été présenté à Véronique Gohmann (Directrice Internationale Marketing Yves Rocher).

Vous savez, comme en amour, dans la vie, on a parfois des coups de foudre pour des gens. C’est ce qui s’est passé. C’était comme une évidence. Elle m’a dit qu’elle pensait que j’étais l’homme de la situation, mais à l’époque je n’étais pas disponible. Le temps a passé, elle m’a rappelé par la suite, et nous avons signé !

Vous savez, il m’est arrivé de refuser au dernier moment un gros contrat avec une grande maison de cosmétiques de luxe. J’étais sur place, les papiers étaient prêts, mais je ne le sentais pas, je ne croyais pas aux produits. Avec Yves Rocher, c’était autre chose.

J’ai toujours eu une éthique dans la vie, je n’ai jamais fait ce qui m’embêtait. J’ai toujours été professionnel bien sûr, mais quand ça ne me plaisait pas, je refusais. Plusieurs fois j’ai refusé de maquiller des actrices.

Pour moi, le maquillage c’est un acte d’amour. La femme – ou l’homme – qu’on maquille, quelque part il faut la « désirer ».

Avec quelles stars le courant est-il très bien passé ?

C’est toujours un grand bonheur de maquiller Amanda Lear. J’ai eu un grand fou-rire avec Adriana Karembeu, Olivia Ruiz est une personne que j’aime beaucoup. Ou encore Nathalie Dessay, pour laquelle j’ai eu un grand coup de foudre. J’avais aussi une très belle relation avec Brigitte Engerer, la pianiste, aujourd’hui décédée.

Nathalie Dessay Olivia Ruiz

Ce sont toujours des moments très intenses que je vis en loge. Les actrices ont, elles aussi, des soucis, elles se confient, surtout quand elles savent qu’elles peuvent compter sur la personne.

Un maquilleur, c’est comme un prêtre. La loge, un confessionnal. Il ne faut rien voir, rien entendre, rien dire. Elles ont besoin d’avoir une confiance absolue.

Comment maquille-t-on une star et une femme normale ?

Souvent la star assiste à un évènement, elle a besoin d’être sophistiquée, mais en respectant son visage, alors qu’une femme normale a besoin d’un maquillage plus passe-partout.

Le but premier est toutefois toujours le même : toutes les femmes ont dans la tête l’envie d’être belle dans le regard de l’homme qu’elles aiment. Elles se maquillent pour plaire, pour renvoyer une image positive d’elles-mêmes. C’est une grosse responsabilité pour un maquilleur.

Je me rappelle qu’Eva Herzigova, la top modèle star des années 90, m’avait dit un jour « tu vois mon Chéri, je me sens belle, donc la soirée sera belle ! ». Pour un maquilleur c’est comme recevoir un oscar, c’est une belle récompense, surtout qu’on n’est jamais sûr que la personne aimera. On a toujours un doute avec une star. D’où l’importance de les mettre en confiance, car ce sont généralement des personnes stressées et anxieuses.

Eva Herzigova

Mais c’est la même chose avec des femmes normales.
Je me souviens d’avoir maquillé une femme en Russie, toute timide, une quarantaine d’années, elle baissait la tête comme si elle avait honte d’être là. Je l’ai maquillée, et c’est une toute autre femme, beaucoup plus sûre d’elle qui est sortie de la loge. A Québec aussi j’ai eu beaucoup d’émotion quand j’ai maquillé la mère d’une femme qui m’a énormément sollicité pour que je la maquille. Elle était tellement heureuse, qu’elle a fondu en larmes. C’est très émouvant de rendre les femmes heureuses.

J’ai été magicien, et je crois que je continue la magie en étant maquilleur, car j’essaie toujours d’apporter du bonheur aux Femmes. Pour ça, il faut les connaître, et mon expérience chez Bourjois m’a beaucoup servi pour ça.

Aimer les gens, aimer son métier, c’est très important !
Une femme heureuse d’un maquillage vous le rend au centuple, c’est magique !

Avant Yves Rocher, l’année dernière nous avions eu la chance de parler un peu plus avec Max Herlant de sa formation, de son métier. Retrouvez l’interview ici!