Quand ruban rime avec mode à Saint-Etienne [Expo]

Saint-Etienne est une ville qui bouge, et pas seulement quand c’est la Biennale du Design. Il y a plusieurs musées très intéressants, notamment le musée d’art et d’industrie. Similaire pour moi au musée de Bourgoin, il a pour vocation de mettre en valeur le territoire et ses activités industrielles, en particulier dans le domaine textile. L’exposition permanente présente aussi des armes et des cycles. Avis aux amateurs 😉

Crédit : Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne

Le ruban c’est la mode!

Depuis cet été et jusqu’à janvier, la nouvelle exposition du musée met en valeur le passé prestigieux de la région stéphanoise dans la fabrication de rubans, passementerie et galons. La collection permanente du musée fait déjà la part belle aux métiers à tisser rubans et galons à l’ancienne (Jacquard), d’énormes machines en bois et acier développées au cours du XVIIIème siècle, pour partie à l’origine de la Révolution industrielle du XIXème et de l’âge d’or industriel de la région de Saint Étienne. Cette exposition continue dans cette lancée, tout en faisant le lien avec la mode, à qui le ruban est indispensable.

Que seraient en effet les tailleurs Chanel sans leur fameux galon brodé en bordure de veste ? Ou encore Schiaparelli ou Dior, pour qui le noeud en satin fait partie intégrante du patrimoine de la maison ?

Vêtements bien sûr, mais aussi chapeaux, chaussures, parfumerie…, la rubanerie est un art indispensable au luxe, incarné dans la région stéphanoise par de grandes maisons : Staron, à qui le musée a déjà consacré une exposition en 2010, Neyret, Giron, Colcombet, Bador…

Rubans unis et ombrés, maison Colcombet François et Cie, 19ème-20ème siècle, Saint-Étienne, collection Musée d'Art et d'Industrie, n°inv. 93.3, cliché Laurent Guéneau

Rubans unis et ombrés, maison Colcombet François et Cie, 19ème-20ème siècle, Saint-Étienne, collection Musée d’Art et d’Industrie, n°inv. 93.3, cliché Laurent Guéneau

Des trésors de créations accompagnent le visiteur, qui peut aussi profiter de la collection permanente et de sa scénographie originale – j’ai toujours eu un coup de coeur pour les grands meubles à tiroirs qui jalonnent le musée, renfermant dans leur secret les plus beaux rubans et galons, ou encore dessins et gravures. Ils sont très bien photographiés dans le catalogue de l’exposition, aux éditions 7L.

Extrait du catalogue de l’exposition – détail

Un musée à découvrir, d’autant que l’entrée est vraiment très accessible (4,50-5,50€).

Une scénographie originale - Exposition "Le ruban c'est la Mode", (c) Eric Perrin / musée d'Art et d'Industrie

Une scénographie originale – Exposition « Le ruban c’est la Mode », (c) Eric Perrin / musée d’Art et d’Industrie

Détails. Ensemble 3 pièces en maille avec des applications de broderie en ruban gros-grain, Maison Maurizio Galante, collection printemps-été 2006, Paris, collection Musée d’Art et d’Industrie, n°inv. 2009.45.1, acquis avec l’aide du Fonds régional d’acquisition pour les musées, cofinancé par l’Etat et la Région. Cliché Gil Lebois-Musée d’Art et d’Industrie

 

L’exposition se prolonge au Musée du Chapeau de Chazelles-sur-Lyon avec lequel le Musée d’art et d’industrie a noué un partenariat : 100 modistes et designers internationaux ont proposé une création originale, visibles jusqu’à octobre.

2017-02-21T00:05:13+00:00 Expos|

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